Placements ou investissements : quels choix proposer pour son patrimoine ?

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Les taux appliqués pour les emprunts tombent jusqu’à leurs plus bas niveaux alors que les intérêts des livrets n’apportent plus les rendements espérés. Comment redéfinir les projets dans de telles circonstances ?

Des placements aux rendements en berne avec la baisse des taux

Un nouveau paradigme se dessine en matière de finance car la baisse des taux entraîne dans sa chute les rendements des livrets réglementés. Comment placer son argent sans perdre au change ? Cette question mérite d’être posée car aucun produit financier sécurisé ne peut garantir sur le long terme des résultats supérieurs à celui de la dégradation monétaire. Autrement dit, avec une inflation moyenne de 1,7% en 2018, épargner dans des fonds en deçà de 1% reviens à perdre de l’argent.

Toutefois, le dynamisme de l’effort d’épargne n’est pas près de s’arrêter en France. Historiquement, l’Hexagone à toujours préservé un politique d’épargne soutenue. Encore cette année, la banque de France affiche une moyenne de taux d’épargne remarquable qui oscille autour des 10% par rapport aux revenus.

Néanmoins, ce comportement entraîne une habitude nocive pour l’économie car la plupart des avoirs épargnés ne sont pas réinjectés et sommeillent sur des comptes oubliés. La banque de France l’a encore rappelé avec plus de 300 milliards d’euros qui dorment sur des comptes courants qui ne rapportent rien à leurs détenteurs.

L’assurance-vie rejoint les performances de l’épargne règlementée

Désormais, l’assurance-vie commence à vivre ses premiers coups de bambou car ses rendements rejoignent progressivement ceux appliqués aux placements règlementés (PEL, CEL…). Seuls les contrats incorporant des placements à risques (unités de compte) affichent des performances plutôt honorables, bien qu’ils amorcent eux aussi une baisse significative sur plusieurs années. Entre 2013 et 2017, les taux moyens des assurances-vie sont passés de 2,8% à 1,7% : soit une perte de 30% sur quatre ans. Dans ces conditions, les épargnants ne peuvent que constater qu’une épargne dormante n’apportera pas les résultats escomptés et qu’il convient d’adopter d’autres habitudes.

Placement : les investissements non cotés prennent la cote ?

Une stratégie de placement ne s’arrête pas uniquement aux livrets règlementés et à l’assurance-vie. L’erreur que commettent la plupart des épargnants est de confondre le support et les objectifs. Selon Dominique Gaillard (président de l’association France Invest), les rendements en capital investissement non coté rapporteront pour l’année 2019 une moyenne de 10,8%. Ces taux largement plus favorables que le livret A, pour ne citer que lui, peuvent couvrir les risques éventuels de baisse. De plus, ces valeurs ne subissent pas la volatilité des actions boursières car les entreprises concernées subissent moins difficilement les périodes de crises financières et bénéficient d’une gestion plus stable (les entreprises familiales sont gérées en général plus durablement). Néanmoins, ces valeurs vivent une surenchère qui limite leurs avantages, bien qu’elles n’en demeurent pas moins significatives pour les épargnants qui cherchent à vitaliser leurs actifs.

Se dégager de la liquidité avec des mécanismes financiers

Il y a encore quelques années, cette idée semblait contre-intuitive mais le dégagement de liquidité facilite le tonus de son patrimoine en misant sur des valeurs plus énergétiques. Or, la plupart des ménages Français souffrent de sous-investissement car la majorité de leur patrimoine se fige dans leurs bilans immobiliers (plus précisément : leur résidence principale). Pour ce faire, deux solutions existent. La première paraît être l’issue la plus radicale. Les propriétaires se désinvestissent de leurs logements (en liquidant leurs propriétés) pour se concentrer sur une tout autre stratégie. Une fois en possession de leurs avoirs, ils peuvent injecter librement leurs capitaux dans des indices circulants (parts d’entreprises, SCPI…). Cette option appartient davantage aux ménages qui ne disposent que très peu d’emprunts immobiliers à rembourser.

Pour les foyers qui remboursent de lourdes mensualités en espérant amortir leurs emprunts au plus vite, ils peuvent entrevoir une autre possibilité. En profitant des taux bas et au lieu de réduire la durée de vie de l’emprunt, ils peuvent tout à fait réduire leurs mensualités. Cette procédure vise à réattribuer cette baisse dans une série d’acquisitions d’actions non cotées. Entre un coût de crédit qui s’évalue en moyenne à 1,29% en mai 2019, quelle que soit la durée de l’emprunt, et un rendement moyen de 10,8% dans l’investissement d’entreprises françaises, l’impact de l’emprunt permet d’effectuer ce type d’opération. C’est aussi une manière de prendre part dans l’économie nationale. Attention, il est en revanche à prendre en considération qu’il existe bel et bien un risque de perte en capital.

Engager une renégociation de cette sorte n’est permise que par une opération appelée rachat de crédit. Pour ce faire, un organisme financier rachète l’emprunt existant pour octroyer un nouvel emprunt avec des conditions différentes. En regroupant son crédit, l’emprunteur peut préparer de nouveaux projets et remboursera son nouveau crédit avec une seule mensualité à un taux unique.

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