Le niveau de vie des ménages s’appauvrit-il ?

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Le niveau de vie des ménages s’appauvrit-il

Sujet sensible que de comparer le niveau de vie des ménages sur trente ou cinquante ans, mais qui intéresse particulièrement les économistes.

Les ménages disposent moins de marge de manœuvre

Dans un contexte social qui dénonce en majorité la situation économique de nombreux ménages, une étude de l’INSEE démontre que le sujet parait plus complexe qu’il n’y parait. Le premier impact économique que subissent les Français concerne le logement car le prix du mètre carré ne fait que progresser partout sur le territoire depuis plusieurs décennies (sauf quelques exceptions localisées). En conséquence, le budget moyen du coût du logement ne fait que grimper ce qui contracte le reste à vivre.

Plus globalement, les dépenses contraintes réduisent la marge de manœuvre dans le budget des familles. Un exemple, les abonnements internet ou le remplacement des téléphones portables gonflent davantage ces coûts cachés. En outre, les capacités d’épargne s’amenuisent au détriment d’un remboursement de crédit trop élevé.

Un autre poste qui progresse pour de nombreux Français concerne le transport car progressivement le déplacement sur le lieu de travail s’étire selon le coût du logement. L’ensemble de ces charges participent au sentiment de paupérisation de la population, toutefois, d’autres éléments doivent être pris en compte. En effet, les habitudes évoluent avec les innovations technologiques qui influent sur les arbitrages d’achat.

Les ménages consomment davantage et changent leurs habitudes

Alors que dans la seconde moitié du vingtième siècle, la majorité des foyers bouclaient leur budget avec un seul revenu, se contenter d’expliquer cet état comme une cause d’appauvrissement parait comme une erreur. En effet, dans les années soixante, il serait facile d’oublier que la majeure partie des ménages se constituaient d’une personne responsable de son entretien.

Par exemple, l’apparition de la machine à laver a totalement modifié le contexte des familles car jusque dans les années 70, le linge se lavait en majorité au lavoir (non automatique).  Dans le domaine de l’habitat, bien des évolutions viennent changer les habitudes. Alors qu’aujourd’hui les couples en capacité de s’endetter se précipitent pour acheter leurs logements (première grosse acquisition), leurs grands-parents subissaient des taux d’intérêt bien plus élevés ce qui les obligeaient à  épargner lourdement, parfois durant tout une vie pour acquérir un pavillon (dans le contexte où l’inflation flambait). A ce moment-là, l’achat d’une maison faisait acte d’aboutissement alors que désormais l’achat d’un logement fait acte de lancement dans la vie. 

En outre, l’achat d’une voiture n’était pas toujours l’option évidente car les déplacements ont commencé à exploser dans les années 80. Dans le domaine des vacances, l’INSEE constate une autre évolution, puisque elles sont de plus en plus souvent passées loin du domicile et tendent à s’éloigner de l’environnement familial sur une longue période.

En ce qui concerne la finance, l’accès à l’emprunt facilite le financement des biens d’équipements et de l’amélioration de l’habitat. Alors que la génération de nos grands-parents se chauffait encore en grande parti au charbon, les maisons actuelles s’équipent et s’isolent pour économiser davantage d’énergie. Concrètement, l’INSEE indique qu’au-delà d’un simple problème de quantité, l’évolution des richesses des ménages demeure à géométrie variable. En réalité il n’existe ni enrichissement ni appauvrissement à proprement parler mais d’évolutions profondes des habitudes. La contrepartie de cette évolution réside sur une augmentation du secteur marchand. Par exemple un ameublement qui se donnait de génération en génération n’entrait pas dans le secteur marchand. Aujourd’hui le moindre meuble se change régulièrement selon les modes ce qui implique des achats plus réguliers. Ce constat se renforce avec le jardin potager qui nourrissait toute l’année la famille ce qui n’entre pas non plus dans le secteur marchand. Ces habitudes n’entrent pas dans un contexte marchand ce qui demande moins de ressources pour les acquérir.

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